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Témoignages.
Témoignage 2015.
Témoignage 2017.          Un chemin que certains font si souvent.
Témoignage 2018.



Par Odile et Luc.


Une rapide visite à Mokattam quartier des chiffonniers du Caire, Février 2016.

 

Nous avons promis de rendre visite à Christine envoyée en mission par la DCC (Délégation Catholique pour la Coopération) dans une école d’un quartier populaire du Caire.

Nous avons été reçus par la communauté de l’école « Abbassieh - Saint Vincent » et avons profité pour visiter Le Caire d’un guide cairote mari d’une institutrice de l’établissement.

Dès le début de notre séjour nous souhaitons monter dans le quartier des chiffonniers du Caire, mais aux yeux de notre guide la chose semble difficile à réaliser.
Plusieurs fois nous avons renouvelé notre demande.
A notre grande joie, cela va se réaliser.
Notre demande n’est pas du « voyeurisme », nous voulons simplement voir où a œuvré Sœur Emmanuelle une bonne partie de sa vie, parmi les plus pauvres des pauvres, tenter de comprendre, tenter d’approcher l’indicible, l’indescriptible,...









Avec 2 voitures, l’une de notre guide et l’autre d’un second guide appelé en renfort, nous entamons la montée vers le quartier des chiffonniers. L’une des voitures est hors d’âge, comme beaucoup de voiture du Caire. Mais elle roule.


En fait il ne s’agit pas d’un quartier, mais de 3 quartiers d’environ 70000 habitants chacun (Le Caire fait 7,7 Millions d’habitants):
- un quartier copte (chrétien orientaux)
- un quartier mixte (copte + musulman)
- un quartier musulman

La clé de vie.
   

Péniblement la 1ère voiture monte doucement vers le quartier où Sœur Emmanuelle a résidé.
Bien des fois nous nous demandons si elle arrivera tout là haut chez les chiffonniers.
La voiture se faufile au travers des minuscules rues, croise d’innombrables autres véhicules montants et descendants les rues étroites et plus particulièrement ces nombreux camions chargés d’immenses sacs comme nous les connaissons chez nous pour transporter le sable, les cailloux, … Mais ici pas de sable, pas de cailloux, … mais des tonnes de détritus.
Une 1ère explication pour nous : tous ces tas de détritus partout dans le Caire, sauf dans l’hyper-centre, posés un peu partout, sans ordre apparent où chaque famille vient déposer les ordures du ménage et qui grossissent à vue d’œil sont en fait régulièrement ramassés par les chiffonniers, déposés dans ces immenses sacs et ensuite chargés sur les camions jusqu’à une hauteur insoupçonnée puis remontés vers les 3 quartiers des chiffonniers.

Les voitures continuent de grimper, ça y est nous y sommes et voyons le travail quotidien des femmes et enfants qui dans des pièces ouvertes vers l’extérieur au rez-de-chaussée trient à la main avec minutie tous ces détritus.
Chaque chose est récupérée, mise de côté avec celles de même type pour finir à leur tour dans d’autres grands sacs. Le tri effectué, les camions sont à nouveau chargés, mais cette fois ci avec tous les éléments triés en vue du recyclage, ailleurs sur Le Caire ou au-delà, nous ne savons pas.
Les camions qui redescendent croisent ceux qui montent et lorsque la rue est vraiment trop étroite, il faut d'innombrables manœuvres pour permettre leur passage ainsi que celui des véhicules légers.

Les nombreuses pièces de tri des rez-de-chaussée côtoient la boucherie, l’épicerie, …
Tout ce monde travaille et vit ensemble.
Aux hommes le port des charges lourdes, aux femmes et enfants le tri, aux épiciers et bouchers l’alimentation de tous ces travailleurs indispensables au fonctionnement du traitement des ordures ménagères du Caire.

 

 

Mais l’objet de notre visite était le lieu de vie de Sœur Emmanuelle.
Notre guide ne savait pas trop où se rendre : une école, un orphelinat, …
Nombreux échanges en arabe au cours du parcours pour tenter de déterminer où a pu travailler sœur Emmanuelle.
Enfin direction un orphelinat au milieu des maisons du quartier des chiffonniers coptes.
Petite porte, nous frappons, notre guide Shérif nous introduit.
Non, nous ne sommes pas chez sœur Emmanuelle, mais chez les filles de la charité de mère Térésa de Calcutta.
C’est un accueil de jour pour les jeunes enfants.
Les Sœurs nous font très gentiment visiter leur lieu de vie un peu surprises de la visite de touristes occidentaux.
Quelques échanges en anglais, séance photos avec les enfants, moment inoubliable, moment de bonheur intense.
Que de dévouement pour tous ces enfants et leur maman.

 
Nous reprenons la route, direction le sommet de la montagne de Mokattam.
Nous arrivons au pied d’une église creusée dans la roche, entièrement fermée où doivent bien pouvoir se tenir 15000 à 20000 fidèles.
 

Partout des scènes de la bible et du nouveau testament.
 
Photos, explications de notre guide Shérif, émerveillement devant cette église orthodoxe creusée dans la pierre par les chiffonniers coptes.

Destination suivante, autre église copte essentiellement à ciel ouvert: Eglise Saint Simon.
Chœur creusé dans la montagne.
Scènes de l’ancien testament et de l’évangile taillées et décorées à même la roche de la montagne : grandiose !
Tout cela toujours fait par les chiffonniers coptes eux même portés par leur ferveur.
Indescriptible,  une église qui peut contenir 70000 personnes!
 
Introduction par Sherif auprès du gardien des lieux qui nous ouvre le Chœur de l’église, un vieux monsieur. Traduction arabe-français par Shérif et enfin 1ère trace de Sœur Emmanuelle.
Oui le gardien des lieux a bien connue soeur Emmanuelle. Une personne extraordinaire n’hésitant pas à descendre, à plusieurs reprises,  dans le palais présidentiel  de Hosni Moubarack pour lui réclamer  le percement de voies de communication pour relier un peu plus dignement la montagne des chiffonniers au cœur du Caire, réclamer aussi l’arrivée de l’eau et de l’électricité pour les chiffonniers de Mokattam, …


 

Après la découverte de toutes ces merveilles, le trésor de vie de tous ces gens de la montage de Mokattam nous entamons la descente vers le Caire et là en chemin, nouvel arrêt, nouvel échange en arabe. Ca y est c’est ici nous dit Shérif.
Nous descendons de voiture pénétrons dans une école au milieu du quartier copte des chiffonniers du Caire et là dans le hall d’entrée un simple buste en plâtre de sœur Emmanuelle, reconnaissable entre toute avec ses lunettes. Nous y sommes. Enfin un lieu de vie parmi tant d’autres où elle a œuvré. Visite d’une classe de l’école via une sœur présente. Nouvel échange en anglais, photos, que du bonheur parmi ces enfants arabes.
 

Nous sommes heureux d’avoir pu entrapercevoir un lieu de vie de Sœur Emmanuelle et pouvoir aujourd’hui témoigner de ce moment de richesse humaine exceptionnelle.

Merci Shérif, Merci Christine d’être partie au Caire car sans toi nous n’aurions pas découvert Mokattam.


Paradoxalement, Sœur Emmanuelle très médiatisée en France est peu connue en Egypte nous dit Christine.
Encore une leçon de vie.

 

Loin des circuits touristiques traditionnels, dans une Egypte abandonnée des touristes alors qu’ils sont si indispensables à la vie de ses habitants, nous avons pu approcher la vraie vie, celle de femmes et d’hommes sans oublier celle des enfants qui tous les jours se lèvent pour gagner, grâce aux ordures, le pain qui nourrira la famille.

En résumé, quelle leçon de vie !

 

 

PS : les chiffres donnés dans ce témoignage sont de notre guide.

 


Témoignage.
Témoignage 2015.


Par Christine.