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Depuis 2008, des réfugiés fuyant les guerres et dictatures d’Érythrée, d’Éthiopie et du Soudan survivent à proximité de l’aire du Saint Laurent sur l'A25, à Steenvoorde, pour tenter de partir vers la Grande-Bretagne.

 

Le mardi 5 juillet 2016, un huissier nous a informés qu'il était venu sur le campement de Steenvoorde et qu'un juge du tribunal de grande instance de Dunkerque avait prononcé, le lundi 4 juillet, une "ordonnance sur requête" demandant l'expulsion des migrants de ce terrain.

 

Le lundi 11 juillet au petit matin, les forces de l'ordre ont investi le campement. Les 64 migrants encore présents ont été obligés de monter dans des bus en direction d'un CAO (centre d'accueil et d'orientation) en Saône-et-Loire.

Un certain nombre avait anticipé la destruction.

Leurs habitations ont été détruites dans la journée.

 

Pourquoi maintenant ?

Rien n'explique cette décision soudaine. Ce terrain est occupé depuis 2008 et aucun événement notable ne s'est récemment produit.

 

Que se passe-t-il aujourd'hui ?

Comme toujours et partout depuis la destruction du camp de Sangatte, le cycle destructions / errance va reprendre.

Dans un premier temps, une partie des migrants a été ou s'est déplacée vers d'autres lieux.

Quelques-uns sont déjà revenus à Steenvoorde.

 

L'aire d'autoroute du Saint Laurent continuera à être un lieu incontournable pour essayer de passer en Angleterre. L'expulsion ne fait que déplacer le problème en l'aggravant. Ces personnes sont disséminées dans tout le secteur dans des conditions encore plus indignes avec toutes les conséquences que cela implique. La destruction de cette "jungle" ne fait que rendre plus difficile l'accompagnement de cette population, avec le risque de multiplier les accidents et incidents que l’action de l'association Terre d'Errance contribue à limiter.

 

Il est regrettable que les autorités ne comprennent pas cela et s'en tiennent au discours facile et populiste de la destruction des abris, comme si les personnes qui y survivent disparaissaient en même temps que les palettes, les bâches et les couvertures données par les bénévoles.

En les expulsant de leurs abris d'infortune sans proposer de solutions réalistes, les autorités abîment un peu plus des personnes déjà très éprouvées par la vie. On ajoute de la misère à la misère.

 

Nous demandons aux autorités et collectivités locales concernées par la présence de campements d'ouvrir les yeux sur les conséquences des décisions qu'elles prennent.

Nous demandons aux autorités d'ouvrir des discussions qui auraient pour but de faire respecter les droits fondamentaux de tous et de toutes afin de sortir de cet engrenage inhumain et coûteux.

 

Nous continuerons à soutenir les exilés et à leur fournir de quoi s'abriter de la pluie et du vent, où qu'ils soient. Nous continuerons à leur permettre de se nourrir et de faire une pause à l'accueil de jour.

Nous continuerons à leur laisser le temps de réfléchir à leur avenir tout en leur montrant un visage fraternel et solidaire de notre pays.


Nous continuerons à montrer par des actes que la fraternité n'est pas qu'un simple mot inscrit sur des édifices publiques.

 

Solidairement,

 

Terre d'Errance Steenvoorde